JPB - EH Bai renvoie le Parti socialiste et le MoDem à leurs responsabilités

Publié le par Abertzaleen Batasuna

EH Bai renvoie le Parti socialiste et le MoDem à leurs responsabilités

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14/06/2012

Antton ROUGET

Ils en rêvaient sans trop y croire. Maintenant, c’est officiel : dans leur conquête du palais Bourbon, Colette Capdevielle, Sylviane Alaux et Frantxoa Maitia, ne bénéficient pas du soutien d’EH Bai, troisième force au Pays Basque depuis le premier tour des élections législatives. Pour déboulonner Michèle Alliot-Marie, Jean Grenet et Jean Lassalle, les trois “statues” du paysage politique local, les candidats socialistes devront “gagner la confiance” des 11 518 électeurs ayant porté leurs suffrages à la coalition abertzale de gauche. Pour ce faire, EH Bai a adressé au Parti socialiste un questionnaire. Le MoDem de Jean Lassalle, qui avait reçu le soutien des abertzale pour sa réélection en 2007, a aussi été sollicité pour répondre aux questions.

Si les trois candidats de la coalition n’ont pas donné de consigne de vote, ils n’en ont pas pour autant perdu leur droite et leur gauche. Aux candidats de droite, les diatribes ; aux socialistes, un “gros déficit de confiance”.

“Figures de proue du sarkozysme”, Jean Grenet et Michèle Alliot-Marie concentrent les plus vives critiques de la coalition. Barthélémy Aguerre, suppléant de Jean Lassalle, n’est pas en reste et rejoint les deux candidats de l’UMP au rang de “symboles du notabilisme local”.

Les candidats UMP sont les “hommes à abattre” du second tour ; “faire tomber la droite” sur les cinquième et sixième circonscriptions, c’est comme quelque chose qui démange les abertzale. “Nous ne pouvons pas appeler à voter PS à cause du PS lui-même, il nous l’empêche” : pourtant, les positions socialistes étant “très éloignées”, impossible d’appeler à voter pour les trois candidats de la rose.

Frilosité sur les questions sociales, désaccord sur certaines questions locales comme la LGV ou le processus de paix : si, pendant la campagne, Colette Capdevielle, Sylviane Alaux et Frantxoa Maitia se sont rapprochés des revendications abertzale, c’est insuffisant pour EH Bai.

Souhaitant laisser à disposition des électeurs, “libres de leur choix”, le maximum d’éléments, EH Bai a adressé un questionnaire à l’attention du PS et du MoDem.

Les deux partis ayant, à l’inverse de l’UMP, sollicités la coalition pour la rencontrer. Un questionnaire aux partis et non aux candidats ; une nouveauté pour éviter “ambiguïté et hypocrisie”. Processus de paix au Pays Basque et questions de société telles que la LGV : EH Bai attend des responsables locaux des deux partis qu’ils répondent, aujourd’hui, à 18 questions fermées (oui ou non), “nom et tampon du parti” en bas de page.

Un moyen, notamment dans le cas du PS, de révéler la ligne officielle du parti. Mais aussi de maintenir les thématiques abertzale au cœur de la campagne. Malgré la bipolarisation des voix, “mais aussi des idées et débats”, l’une des grandes satisfactions de la coalition est d’avoir réussi à imposer, tout au long de la campagne, les questions, jusqu’à il y a peu, propres aux abertzale, dans les discussions. Rapprochement des prisonniers et institution spécifique sont ainsi devenus des revendications défendues par la majorité des candidats.

D’un point de vue comptable, EH Bai estime aussi avoir résisté, en nombre de voix et en pourcentage, au phénomène de concentration sur le PS et l’UMP. A l’abstention record aussi. “Nous tirons notre épingle du jeu” : la coalition enregistre, en effet, une hausse de 747 voix au Pays Basque (de 10 676 à 11 423) et une augmentation en pourcentage (de 8,10 % à 8,80 %). Un contraste avec l’écroulement, hautement symbolique au Pays Basque, du MoDem.

Si Anita Lopepe, Laurence Hardouin et Peio Etcheverry-Ainchart ont insisté sur l’“enthousiasme” suscité par les résultats du premier tour, ils ont aussi révélé leur “inquiétude” face aux scores enregistrés par le FN. Au Pays Basque, sur la lancée de la présidentielle, le parti frontiste enregistre une hausse de plus de 4 %, le plaçant en cinquième place de l’échiquier. Une donnée qui préoccupe la coalition abertzale, d’autant plus que, dans la cinquième circonscription, Chantal Renou, candidate du Front national, dépasse Laurence Hardouin de 925 voix. Inquiétude donc, mais aussi, colère et indignation à la suite des “dérives” de l’UMP. “Les responsables locaux font des appels du pied aux électeurs du FN, comme l’a fait Sarkozy avec Le Pen”, ont dénoncé les candidats de la coalition.

Entre volonté de faire chuter la droite et manque de confiance envers les socialistes, Euskal Herria Bai laisse donc le choix à ses électeurs. “Nous sommes une force de mobilisation, de réflexion et de proposition”, forts de 11 518 suffrages, “la voix du Pays Basque à Paris” promet, dans les mois et années à venir, de construire “une troisième voie”.

 

L’UMP recadre les élus de Biarritz autrement

“Ils prétendent peser sur la circonscription, mais ils ont plombé les résultats d’EH Bai.” Ce tacle appuyé, révélé hier par Sud Ouest, à l’attention de M. Poueyts, J. Abeberry, M. Etcheverry et J.-M. Sorhaits, est signé Frédéric Domège, bras droit de Max Brisson, pourtant dans la même majorité que les élus de Biarritz autrement à Biarritz. Une vive réponse à l’appel, formulé par les quatre élus, à voter pour la candidate socialiste S. Alaux. Considérant que “M. Poueyts et ses colistiers sont un boulet pour P. Etcheverry-Ainchart qui aurait pu faire 12 % sans eux”, F. Domège leur préconise de “la jouer profil bas”.

De son côté, EH Bai, rappelant son attachement aux démarches collectives, s’est “dissociée” de l’appel formulé par les quatre “électrons libres” biarrots.

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