Sud ouest - Mobilisation pour la paix et « la démocratie »

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Mobilisation pour la paix et « la démocratie »

Environ 3 500 personnes ont réclamé samedi que l'État français s'implique.

 Un long cortège, conduit par des élus et des représentants d'associations, a sillonné la ville dans le calme. photo jean-daniel chopin

Un long cortège, conduit par des élus et des représentants d'associations, a sillonné la ville dans le calme. PHOTO JEAN-DANIEL CHOPIN


Répondant à l'appel d'un collectif qui rassemble une quinzaine d'associations, de syndicats et de partis politiques, dont un bon nombre issu de la gauche abertzale, environ 3 500 personnes (2 600 pour la police, 4 000 pour les organisateurs) ont manifesté hier après-midi à Bayonne en faveur de la paix et «pour une résolution démocratique dès maintenant du conflit au Pays basque ».

Un long cortège, au sein duquel se trouvaient Aurore Martin (la militante française de Batasuna qui a annoncé son retour sur la scène politique) et Josu Ezparza, de nationalité espagnole, tous deux frappés par un mandat d'arrêt européen, a sillonné dans le calme les rues de ville. Avec à sa tête les représentants des associations -notamment des prisonniers- ainsi que des élus d'Europe Écologie les Verts (la conseillère régionale Alice Leiciagueçahar), d'Abertezaleen Batasuna, dont le conseiller général Alain Iriart, du Parti socialiste (la sénatrice Frédéric Espagnac, les conseillers généraux Marie-Christine Aragon, Kotte Ecenaro, Christophe Martin ou François Maïtia) et le MoDem Jean-René Etchegarray.

Le nouveau député foral du Guipuzkoa, Martin Garitano (Bildu) avait franchi la frontière. « Mais ma venue à Bayonne ne constitue pas un scoop » confiait M Garitano. « Car le Pays basque est mon pays ».

Des pas historiques

Pour le collectif organisateur, cette manifestation ne constitue qu'un point de départ sur le chemin de « la résolution démocratique dont Euskal Herria a besoin » et qui doit se construire pas à pas. « Une nouvelle ère s'est ouverte ces dernières semaines, des pas historiques ont été faits, comme la conférence de paix de Saint-Sébastien ou la décision d'ETA de mettre un terme à la lutte armée. Malheureusement, ni l'État français, ni l'État espagnol, n'ont fait le moindre pas dans le même sens. Nous voulons dénoncer une fois encore cette attitude. On ne peut avancer qu'avec la participation directe et positive de tous ».

Les manifestants réclamaient une résolution « politique, démocratique et pacifique du conflit, ainsi que la normalisation de la vie politique ». Pour eux, l'ouverture vers un processus démocratique négocié passe par des avancées : « Tous les prisonniers libérables selon la loi doivent l'être et les autres doivent être regroupés afin de prendre part au processus de résolution. Tous les partis et mouvements aux valeurs démocratiques qui ont été interdits ces dernières années doivent être à nouveau légalisés.Tous les procès politiques et toutes les formes de répression doivent disparaître. Nous demandons notamment la désactivation des mandats d'arrêt européens et des lois d'exception. Toutes les victimes doivent être reconnues et la voie de la réconciliation doit être ouverte ».

Victimes des deux camps

Interrogé sur ce point, Martin Garitano indiquait que « ces années de conflit ont causé beaucoup de souffrances à l'ensemble de la société basque, et qu'il y a eu des victimes dans les deux camps. Il faut clairement reconnaître la souffrance de tous les Basques. Et il faudra que tous fassent preuve de responsabilité ».

Avant la dislocation du cortège, le collectif lançait un appel à tous ceux qui ne se sont pas encore joints à lui à le contacter. « Afin de mettre en place un large mouvement qui soutienne, pousse et construise le processus démocratique que nous n'obtiendrons qu'avec la participation directe et active de tous les citoyens. La clé de la résolution, c'est le peuple ».

http://www.sudouest.fr/2011/12/11/mobilisation-pour-la-paix-et-la-democratie-577792-710.php

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