Sud Ouest - Les occupants de l'ancien collège sommés de partir

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Les occupants de l'ancien collège sommés de partir

 

Les membres de Beti Aintzina ne veulent pas quitter les lieux, malgré la décision du tribunal, prise hier. 

                     Les membres de Beti Aintzina entendent continuer de faire revivre l'ancien collège.

Les membres de Beti Aintzina entendent continuer de faire revivre l'ancien collège. (ph. patrick bernière)


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L'ultimatum est tombé hier, en début d'après-midi : dès le passage d'un huissier, qui interviendra selon la procédure dans les prochains jours, les occupants de l'ancien collège Saint-Michel de Saint-Just-Ibarre auront 72 heures pour quitter les lieux. Une décision qualifiée de « normale » par Maître Xavier Delavallade. « Les sœurs de la croix, propriétaires de ce bien, espèrent que l'ordonnance sera exécutée spontanément sans qu'il y ait besoin de recourir à la force publique », a-t-il commenté.

Pour Philippe Arramendi, qui représente l'association Beti Aintzina, il est regrettable que le tribunal ne soit pas sorti de la jurisprudence habituelle en terme d'occupation sans droit ni titre et qu'il n'ait pas tenu compte du projet revendiqué par ses clients ainsi que des travaux déjà réalisés. Des clients qui ont fait savoir hier, par voie de communiqué, qu'ils ne comptaient absolument pas partir. « Nous n'abandonnerons pas cette maison. Nous continuerons à la faire vivre malgré les menaces et les coups durs », pouvait-on lire.

Une action malgré l'expulsion

Hier, dès 9 heures du matin, les occupants ont animé « une journée chantier ». Le but : « continuer de réhabiliter le lieu et de le faire vivre malgré la décision de justice », résume Maxime, jeune Breton qui a rallié les rangs de l'association Beti Aintzina depuis le début de son action, le 21 juillet. L'occasion de montrer au public et aux habitants du village, photos à l'appui, la transformation de cette vieille bâtisse, laissée à l'abandon par la congrégation, aux dires des squatteurs. Bar, salon, salle de cinéma et de jeux, bibliothèque… Force est de dire que le projet de salle culturelle autogérée se dessine. Dans les murs, tout du moins.

Parmi ses soutiens, Beti Aintzina revendique ceux de plusieurs artistes - venus prêter main-forte pendant les travaux - des associations - dont le comité altermondialiste, et des habitants de la commune. Sylvie fait partie de cette dernière catégorie. Ancienne cuisinière au collège Saint-Michel, elle se ravit de voir ce bâtiment, « érigé par des gens d'ici », reprendre vie. « Et je pense que ça fait plaisir aux familles du coin », suppose la quadragénaire. Quant au procédé utilisé par ces jeunes, cette villageoise ne le condamne pas. « Ils ont voulu taper fort pour se faire entendre, pour réveiller tout le monde et rouvrir les lieux », interprète-t-elle.

Une question d'étiquettes ?

Une habitante, qui réside quasiment en face des occupants, se montre moins sympathique. Mais ne se dit pas franchement hostile à ses voisins. « Leur projet ne m'intéresse pas particulièrement, argue-t-elle simplement. Mais il faut dire qu'ils font des efforts. Ils sont à l'écoute : quand je leur dis que la musique a été trop forte la nuit passée, ils la baissent après », nuance cette dame.

Mais ce qui la gêne, elle le suppute, c'est la supposée politisation des occupants. Une accusation plus assumée en mairie. « Ils ont déployé leurs drapeaux et leurs affiches, ça a été très mal vu. D'autant que ces jeunes sont connus ici pour être très engagés politiquement », indique la secrétaire.

Une version démentie par l'association. « On nous colle des étiquettes alors que nous n'avons aucune revendication politique particulière. Juste un projet social à défendre », répond Jon, qui figurait parmi les quatre membres de Beti Aintzina à comparaître devant le TGI de Bayonne, il y a une semaine - quatre étaient nominativement cités mais quinze personnes, en moyenne, occupent quotidiennement les lieux.

Le maire, Jean-Paul Vigneau, a pourtant délaissé ce terrain-là pour argumenter. Aujourd'hui, il fait valoir lui aussi un projet pour l'ancien collège Saint-Michel, bien antérieur, à l'en croire, à l'arrivée des occupants. « On n'a pas bougé jusqu'à maintenant car il faut des autorisations, sans parler des fonds », justifie-t-il. Ses aspirations : « faire de ce lieu une nouvelle école, peut-être liée à la réinsertion ». L'édile ne s'en cache pas : s'il pense à cette utilisation, c'est qu'il aimerait amortir un investissement récemment réalisé par sa commune.

En 2011, 300 000 euros auraient été déboursés pour mettre en place le nouvel assainissement du bourg. Et pour Jean-Paul Vigneau, la consommation d'eau des quelque 200 habitants de sa commune n'est pas suffisante. « On a besoin de cette école », jure-t-il. De leur côté, les occupants, en attendant d'être avisés par un huissier, ne se démobilisent pas, comme le laisse penser Jon : « On restera coûte que coûte, jusqu'à la dernière minute ».

Publié dans Berriak - Infos

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