Sud Ouest - France 3 Euskal Herri - Pays Basque : un écran toujours noir

Publié le par Abertzaleen Batasuna

France 3 Euskal Herri - Pays Basque : un écran toujours noir

Trois semaines de fermeture d'antenne entraînent des manifestations Le directeur du pôle Sud-Ouest parlait d'un "période de basse actualité". L'affaire Aurore Martin le fait mentir

France 3 Euskal Herri - Pays Basque : un écran toujours noir

Opération écran noir. Ce soir, à 19 h 10, des rassemblements dénonceront la fermeture en cours de l'antenne de France 3 Euskal Herri - Pays Basque sur les parvis de treize mairies (1). Cela au terme de deux semaines sans édition locale du journal, dans le cadre d'un plan d'économies du pôle Sud-Ouest de la chaîne (Aquitaine, Limousin, Languedoc-Roussillon, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées). Et en vue d'une nouvelle semaine de « rideau » sur l'information locale, prévue à Noël.

Depuis l'annonce de ces fermetures, les réactions se sont multipliées pour déplorer la décision. Le collectif Touchez pas à France 3 EHPB s'est organisé, qui a manifesté récemment devant la Chambre de commerce et d'industrie de Bayonne, appelé au boycott de la chaîne durant la période de fermeture.

En parallèle, une très large majorité d'élus du Pays basque signait un texte à destination de la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti. Ils lui rappellent leur attachement au « service public d'information de proximité » qu'est France 3 en région. L'Office public de la langue basque a signé un texte à l'unanimité de son conseil d'administration (dont le sous-préfet).

« Mauvaise stratégie »

Les journalistes de France 3 EHPB ne peuvent ouvertement s'engager dans ces initiatives, mais sont « sensibles à une réaction du pays plus forte que partout ailleurs », constate Fabien Cordier, journaliste reporter d'images (JRI) et délégué du personnel. Le journaliste veut voir dans les manifestations la bonne compréhension du public et des acteurs locaux de la situation. « Notre direction parle de réaliser 700 000 € d'économies pour réduire le déficit du pôle qui serait de 2,5 M€. Mais ce sont des économies de tableau Excel. »

Fabien Cordier évoque des économies fondées sur « des estimations de coûts purement théoriques ». Essentiellement sur les contrats à durée déterminée (CDD). Pour le représentant du personnel, le compte n'y est pas : « Les journalistes à qui l'on demande de prendre des vacances ne cessent pas d'être payés. On n'arrête pas de payer les loyers, une grande partie des frais de fonctionnement sont fixes. C'est de l'affichage. » Et de pointer une « mauvaise stratégie ». « On rogne sur ceux qui produisent de l'info sans réflexion globale sur notre organisation. » Et en l'occurrence, au Pays basque, ceux qui affichent l'une des meilleures audiences (plus de 40 000 téléspectateurs quotidiens pour le journal.)

Quelle reconfiguration ?

Dans nos colonnes, à la rentrée, le directeur du pôle Sud-Ouest de France 3, Gérard Vallès, réfutait le terme de « fermeture » d'antenne. Lui préfère évoquer une « reconfiguration de l'offre éditoriale pendant une période de basse actualité ». L'actualité lui aura donné tort, cette année, avec notamment l'éclatement de l'affaire Aurore Martin. Le directeur rappelait à l'époque, pour contrer les critiques syndicales, que « son » pôle fut « le seul qui a maintenu toutes ses éditions locales pendant l'été » pour « rester en phase avec l'actualité des territoires ».

(1) Les mairies concernées : Mauléon, Saint-Palais, Iholdy, Saint-Jean-Pied-de-Port, Saint-Étienne-de-Baïgorry, Hasparren, Itxassou, Ustaritz, Saint-Pierre-d'Irube, Bayonne, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Pée-sur-Nivelle et Hendaye.

Dixième jour sans locale à Pau

 

Depuis le début des vacances de la Toussaint, l'équipe de la locale de Pau Sud Aquitaine est réduite à peau de chagrin : une équipe de deux journalistes au lieu des douze personnes présentes habituellement dans les locaux de Pau Cité multimédia. « Beaucoup de téléspectateurs s'étonnent de ne pas voir le journal, certains pensent que l'antenne est définitivement fermée », regrette Élise Daycard, déléguée du personnel à Pau. De permanence cette semaine avec un JRI, elle a réalisé un sujet par jour pour le journal régional diffusé depuis Bordeaux à midi et le soir, alors que le JT local en recense plusieurs. « Le premier week-end, on n'a pas pu faire l'inauguration de la rue Joffre à Pau, qui est sujet typiquement local, car la région ne prend que des sujets à portée régionale. C'est très insatisfaisant. Les sujets étaient montés à Bordeaux mais le service n'avait pas été renforcé, donc là-bas aussi, tout a été désorganisé. » Elle ne croit pas à l'évolution de la situation à Noël où la locale devrait de nouveau fermer, et craint pour 2013, même si les propos d'Aurélie Filippetti, qui parle de « la proximité » comme marque de fabrique de France 3, l'ont un peu renforcée. Élise Daycard postait tous les jours sur Twitter « Énième jour sans locale dans le pôle Sud-Ouest de France 3 ». En Béarn aussi, l'équipe a reçu le soutien des élus.

O. F.

www.sudouest.f
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Publié dans Berriak - Infos

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