Sud Ouest - Extradition d'Aurore Martin : "incompréhensible en plein processus de paix"

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Extradition d'Aurore Martin : "incompréhensible en plein processus de paix"

Les élus regrettent une situation "ubuesque". La militante de Batasuna, sous le coup d'un mandat européen depuis 2010, a été remise aux autorités espagnoles jeudi soir.

La jeune femme de 33 ans, originaire de Mauléon, était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen (MAE) depuis le 13 octobre 2010

La jeune femme de 33 ans, originaire de Mauléon, était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen (MAE) depuis le 13 octobre 2010 (archives Jean Daniel Chopin)


Des élus de gauche et de droite ont manifesté jeudi leur incompréhension après l'interpellation d'Aurore Martin, militante française du mouvement basque Batasuna, en vue de sa remise à l'Espagne, y voyant un geste de Manuel Valls peu propice à la paix.

Pour la section PS de Bayonne, cette situation est "inacceptable sur le fond et constitue une entrave intolérable à la liberté d'expression chère à la démocratie française". C'est "ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix", pourKotte Ecenarro (PS), vice-président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, évoquant lerenoncement à la lutte armée par l'ETA depuis un an.

"Ça tourne à la provocation de la part des gouvernements français et espagnol", a-t-il ajouté sur cette interpellation qui fait droit à une demande remontant au 13 octobre 2010 pour "faits de participation à une organisation terroriste, et terrorisme", en l'occurrence avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna.

L'élu, de même que l'adjointe écologiste au maire de Bayonne Martine Bisauta a considéré que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait donné le ton, dès lundi, lorsqu'il a promis à mener une politique de "fermeté" contre l'ETA tant que le mouvement indépendantiste n'aurait pas déposé les armes.

"Le décor a été planté les jours précédents, ce n'est pas un hasard", a déclaré Martine Bisauta: "C'est dramatique (...) C'est une prise de risque qui pourrait créer des conditions de violence".

La députée PS des Pyrénées-Atlantiques Colette Capdevielle a pour sa part tenu à souligner que "le délit qui est reproché n'existe pas dans le droit pénal français", et que le mandat a été appliqué alors que "des choses importantes se sont passées", évoquant aussi "le processus de paix".

Le mouvement radical Batasuna est interdit en Espagne, où il est considéré comme la branche politique de l'ETA. En France, il est en revanche légal. Pour Jakes Bortayrou, membre du secrétariat d'Abertzaleen Batasuna interrogé sur France Info, c'est une "provocation".

"Nous exigeons la libération d'Aurore Martin", a déclaré Xabi Larralde, porte-parole de Batasuna, y voyant "la main de Valls" et estimant qu'il s'agissait d'une mesure à la fois "irresponsable" et "inacceptable".

"C'est un mauvais signe pour la paix", a réagi, du côté de l'UMP, Max Brisson. "La société civile du Pays basque et bon nombre d'élus ont dit combien ils pensaient que ce mandat d'arrêt était disproportionné par rapport aux faits reprochés à Aurore Martin", a-t-il ajouté.

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