Sud Ouest - Collectivité Pays basque : la fin des illusions

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Collectivité Pays basque : la fin des illusions

La ministre Marylise Lebranchu a officiellement tiré un trait sur la collectivité spécifique, hier lors du Congrès des maires à Versailles.

La ministre Lebranchu a affirmé hier à Paris qu'elle n'avait pas d'outils législatifs lui permettant de créer une institution spécifique Pays basque.

La ministre Lebranchu a affirmé hier à Paris qu'elle n'avait pas d'outils législatifs lui permettant de créer une institution spécifique Pays basque. (ARCHIVES JEAN-DANIEL CHOPIN)


Ils sont désormais seuls au monde. Raillés par les voisins béarnais, réprouvés par le ministre de l'Intérieur(« Il n'y aura pas de Pays basque français dans la prochaine loi de décentralisation », avait-il déclaré dans nos colonnes, le 6 novembre dernier), les élus basques ont été officiellement lâchés par la ministre de la Décentralisation, hier, lors du Congrès des maires, à Versailles. Marylise Lebranchu était pourtant le dernier espoir auquel se raccrochaient les partisans de la collectivité territoriale spécifique Pays basque. Elle a officiellement claqué la porte à une évolution institutionnelle.

C'est le maire d'Arbérats, Sauveur Bacho, qui a clairement posé la question de l'avenir de la collectivité spécifique, à l'issue d'un débat où étaient présents Marylise Lebranchu et Manuel Valls. Selon le maire d'Iholdy, Bernard Cachenaut, le ministre de l'Intérieur a glissé un mot à l'oreille de sa collègue du gouvernement avant que cette dernière apporte une réponse claire : « La prochaine loi sur la décentralisation ne prendra pas en compte la collectivité spécifique Pays basque », a-t-elle déclaré avant de préciser qu'il faudrait prolonger et renforcer le dispositif actuel sur le « Pays » Pays basque.

En octobre dernier, les propos de Marylise Lebranchu étaient pourtant moins tranchés : « Le gouvernement est attentif au débat qui se déroule actuellement ». Pas de quoi hisser l'ikurrina sur la façade de toutes les mairies, certes, mais ses propos avaient au moins entretenu la flamme du côté du Conseil des élus qui planche depuis des mois sur le dossier.

« Un cadeau empoisonné »

« Marylise Lebranchu a plié sous la pression de Manuel Valls. Elle n'avait pas les coudées franches sur ce dossier », analyse Vincent Bru (divers droite), le maire de Cambo, présent au Congrès. La ministre de la Décentralisation a, en effet, choisi de suivre la ligne tracée par l'homme fort du gouvernement et de renvoyer les élus basques à leurs chères études. De quoi soulever l'ire du président du Conseil des élus du Pays basque, Jean-Jacques Lasserre : « La ministre nous a menés en bateau (sic) pendant des mois. Elle pensait peut-être que nous nous amusions dans notre coin. C'est l'illustration inacceptable de la comédie humaine avec son lot de tromperies et de double langage ». Et le sénateur d'égratigner au passage les élus socialistes du département qui « se targuent d'avoir une quelconque influence sur la ministre ». Dans l'œil du viseur, la nouvelle porte-parole du Parti socialiste, Frédérique Espagnac. Sollicitée à plusieurs reprises hier, la sénatrice réserve pour le moment ses réactions et attend de connaître les propos exacts de la ministre.

Lebranchu attendue

La députée socialiste Sylviane Alaux a, elle, accepté de commenter « le cadeau empoissonné » du gouvernement : « Ce n'est pas du tout le message que nous attendions. Nous ne voulons pas d'un statu quo institutionnel. Mais ne baissons pas les bras. Il va falloir persévérer ».

Ce rebondissement nourrira forcément l'ordre du jour du prochain Conseil des élus qui a eu lieu, samedi, à Bayonne. La ministre, qui avait annoncé qu'elle viendrait au Pays basque début 2013, a confirmé en soirée à « Sud Ouest » les propos tenus au Congrès à Paris : « Je n'ai pas de solution institutionnelle à ce jour ». Quant à sa visite dans quelques semaines, la réponse est plus qu'évasive : « Je reviendrai quand je serai à même de proposer une feuille de route précise du gouvernement permettant de mieux prendre en compte l'identité basque. »

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