Paysbasque.info - Mandat Européen : l'Etat droit dans ses bottes

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Mandat Européen : l’État droit dans ses bottes

Une quinzaine de camions de CRS avaient pris place ce lundi 22 novembre devant la Sous Préfecture de Bayonne, interdisant toute circulation devant l’édifice, y compris piétonne. « On attend les basques » confiait l’un des gardes, sans bien comprendre que la vingtaine de personnes à laquelle il barrait le passage était l’effectif complet attendu ce jour. Attendus de pied ferme, donc, dans une disproportion presque comique, quelques élus espéraient rencontrer le représentant de l’État français pour évoquer le cas du mandat d’arrêt européen délivré par l’Audience Nationale espagnole à l’encontre de l’ex-dirigeante de Batasuna, Aurore Martin, dont le jugement doit être rendu ce mardi 23 novembre par la Cour d’Appel de Pau. La réponse préfectorale ayant le mérite de la clarté, les élus ont trouvé la posture fort peu élégante et pour tout dire « inquiétante ».

La présidente du Biltzar des maires du Pays Basque, Christine Bessonart, a rapproché cette attitude d’une surdité volontaire déjà diagnostiquée lors de précédentes sollicitations, notamment au sujet de la Ligne Grande vitesse. « Si la préfecture traite ainsi les élus, on imagine comment l’État traite les citoyens » a t-elle indiqué. De son côté, la Conseillère Régionale Alice Leiciaguezahar (Europe Ecologie), qui s’inquiétait du coût d’un tel déploiement de force, a dénoncé le Mandat d’arrêt européen dont est victime Aurore Martin pour ses activités politiques « alors que le même mandat n’est pas appliqué pour des dealers », a-t-elle déclaré.

Les élus n’ont donc pas pu interpeller le représentant de l’État alors même que l’indignation s’accroît. Samedi, plus d’un millier de personnes ont manifesté à Bayonne pour réclamer la suppression du Mandat Européen et soutenir Aurore Martin qui marchait en tête de cortège, après une semaine d’incarcération préventive et une libération, mardi 16 novembre, sous contrôle judiciaire. La vice-présidente de la ligue Française des droits de l’Homme, Dominique Noguères, avait fait le déplacement pour dénoncer « une volonté, non de lutter contre le terrorisme, mais de criminaliser des opposants politiques à l’initiative des gouvernements des deux pays ».

 

Les élus Peio Etcheverry-Ainchart, Alice Leiciaguezahar et Christine Bessonart,
lundi devant le cordon de CRS.

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Plus de vingtaine de maires ont déjà fait part de leur soutien à Aurore Martin et de leur refus de livrer cette jeune militante à l’Espagne où elle risque jusqu’à 12 ans de réclusion, ainsi que trois députés européens (Catherine Greze, José Bové, François Alfonsi), le député du Pays Basque Jean Lassalle, le Sénateur-maire de Biarritz Didier Borotra et une dizaine de Conseillers Régionaux ou Généraux.

La justice française annoncera mardi son jugement concernant l’application de ce mandat d’arrêt européen. Aurore Martin, 31 ans et de nationalité française, est accusé de participation à une organisation terroriste par la justice espagnole qui lui reproche son activité au sein du parti indépendantiste basque Batasuna, interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l’ETA, mais autorisé en France. Si le tribunal de Pau décide mardi d’appliquer le Mandat Européen et de la remettre aux autorités espagnoles, Aurore Martin peut toutefois se pourvoir en cassation.

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