Libération - Joan Anza : soupçon sur la garde civile

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Joan Anza : soupçon sur la garde civile

ETA . A Toulouse, les agents espagnols auraient oublié des armes le jour de l’annonce de l’«enlèvement» du militant.1 réaction

Par KARL LASKE

Une équipe de gardes civils espagnole a quitté précipitamment Toulouse, en mai 2009, après l’annonce par l’organisation indépendantiste basque ETA de «l’enlèvement» de Jon Anza par des forces de sécurité espagnoles. Ce nouvel épisode de l’enquête sur la disparition du militant a été révélé par le quotidien espagnol El Mundo, hier, alors qu’une autopsie de son corps était réalisée à l’institut médico-légal de Toulouse.

«Trou». Le corps de Jon Anza, disparu le 18 avril 2009, a été identifié vendredi, à la morgue de Toulouse, où il avait été conservé, faute d’identification, pendant dix mois. L’autopsie pratiquée hier «signale l’absence de lésions traumatiques», a indiqué la procureure de Bayonne, Anne Kayanakis. «Le décès serait lié à des atteintes polyviscérales et neuropulmonaires», a-t-elle précisé, en rappelant le mauvais état de santé d’Anza, atteint d’une tumeur du nerf optique. Le Dr Itxaso Idoyaga, médecin de famille d’Anza, venue à la morgue accompagnée d’une centaine de militants basques, a déploré n’avoir pas été autorisée à assister à l’autopsie.

La procureure a annoncé, hier, que l’enquête serait prochainement confiée à un juge d’instruction. «Entre son départ de Bayonne le 18 avril et son arrivée à l’hôpital, le 30 avril, il reste un trou de dix jours, explique-t-elle. Et il y a nécessairement des gens qui savent.» Il restera à déterminer aussi «pourquoi les demandes d’identification» ont échoué. «On a fait circuler une identité, et en face, ils avaient un corps, mais ça n’a pas fait tilt», admet-elle.

Plusieurs signalements ont pourtant été effectués par le CHU de Toulouse lors de l’hospitalisation d’Anza, admis inconscient et sans papiers d’identité. «Le 30 avril, un signalement a été fait aux services de police, mentionnant la présence dans ses effets personnels d’un billet Bayonne-Toulouse, explique une porte-parole. Le 4 mai, un second signalement a été envoyé au procureur de Toulouse. Le 7 mai, nous avons adressé une note complète à l’office chargé des disparitions inquiétantes. Enfin, le 11 mai, la personne est décédée, et le médecin a opposé le risque médico-légal et refusé le permis d’inhumer.»

Les informations d’El Mundo sur le départ précipité d’une équipe d’agents appartenant à une cellule de renseignement de la garde civile pourraient constituer le premier élément tangible d’une implication espagnole dans l’affaire, évoquée depuis le mois d’octobre par les médias basques.

Pistolets. Le parquet en a été informé le 17 février. Selon El Mundo, les policiers auraient quitté Toulouse à la suite de la publication du communiqué d’ETA par le quotidien basque Gara, le 20 mai 2009. A l’hôtel Adagio, ils plient bagages, en oubliant deux pistolets dissimulés sous des matelas. «J’ai fait faire cette vérification confirme Anne Kayanakis à Libération.L’hôtel a signalé que les occupants avaient laissé leurs armes dans la chambre. Il s’agissait de leurs armes de service, qui leur ont été restituées par la suite.» Les policiers espagnols, qui n’ont pas été entendus, effectuaient selon le parquet une mission «classique», sans rapport avec la disparition d’Anza.

Dans son communiqué du 20 mai, ETA révélait que son militant avait été identifié quelques mois plus tôt par la découverte d’une cache portant ses empreintes, à quelques kilomètres de son domicile. L’attention particulière de la garde civile sur ces planques, placées sous surveillance, a provoqué une série d’arrestations, ces derniers mois.

 

http://www.liberation.fr/societe/0101624794-joan-anza-soupcon-sur-la-garde-civile

Publié dans Berriak - Infos

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