JPB - Une enquête d’“inutilité” publique pour contrecarrer les plans d’Alain Rousset

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Une enquête d’“inutilité” publique pour contrecarrer les plans d’Alain Rousset

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13/09/2012

Carole SUHAS

“Il sort des mensonges hallucinants”. “Il”, c’est Alain Rousset, président de la région Aquitaine et premier supporter de la LGV. Et ses “mensonges”, le CADE a décidé de les démonter un par un avec une enquête publique version “tout ce qu’on ne vous a jamais dit sur la LGV”. Une Epine dans le pied de l’élu qui est aujourd’hui en pleine opération communication pour sauver la LGV.

Cette Enquête Publique sur l’Inutilité des Nouveaux Equipements ou EPINE, sera disponible dans les mairies d’Ustaritz, Mouguerre et Urrugne le samedi 22 septembre prochain. Tandis que les “officiels” préparent l’argumentaire d’une enquête publique dont les résultats devraient être dévoilés en 2013, le CADE prend une longueur d’avance.

Lobbying et manœuvres

Des chiffres qui veulent contrecarrer les plans de RFF et qui ont pourtant bien du mal à sortir de l’ombre. “A l’Observatoire des transports, on nous impose un ordre du jour et on ne parle que de ce dont on veut bien parler” contextualise Victor Pachon. “Nous allons vers un verrouillage progressif de l’observatoire et notamment des points clés”.

Ces points clés, ce sont ceux de “l’absence de création d’emplois en Pays Basque, le saccage de l’environnement, l’alibi du bilan carbone, des chiffres de PIB erronés” et ils en passent. Comme il sait si bien le faire, le CADE annonce ses chiffres et prend un exemple. Le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) dans un de ses rapports arguait d’une augmentation du trafic conditionné par la “poursuite de la croissance économique de la partie occidentale de la péninsule ibérique à un rythme soutenu”. Or, ce “rythme soutenu n’est pas vraiment au rendez-vous” ironise Pantxoa Tellier. Alors que RFF table, pour 2013, “sur une croissance du PIB de 2,52 % pour l’Espagne et de 1,46 % pour la France”, on sait aujourd’hui qu’elle ne sera que de -1,8 % et de 0,4. Des chiffres limpides pour le CADE qui estime que “si la crise de 2008 a repoussé à 2 030 la saturation des voies, il nous faut maintenant repousser de 7 à 10 ans supplémentaires”.

Pourquoi se donner tant de mal au moment où le projet de LGV n’a jamais été en aussi mauvaise posture ? “C’est vrai que nous n’avons jamais eu autant de paramètres qui vont dans notre sens, mais nous connaissons la vanité des grands élus” tempère Victor Pachon, à qui on ne la fait plus.

Malgré l’affichage politique et les effets d’annonces, il y a “des interventions de couloirs” qui font dire au CADE qu’il ne faut “surtout pas se démobiliser”. “Aujourd’hui, l’économie et les lobbies font la pluie et le beau temps. Tant que nous avons cela en face de nous toutes les manœuvres sont possibles”. En attendant, les trois mairies précédemment citées seront ouvertes le 22 septembre prochain de 10 à 12 heures afin que tout un chacun puisse apporter sa contribution aussi maigre soit-elle. “Ce ne sont pas les moyens financiers qui déterminent l’inutilité d’un projet, mais bien les preuves techniques que nous apportons” résume Pantxoa Tellier.


L’enquête est d’ores et déjà consultable sur www.urrugne.info ou www.voiesnouvellestgv.com

 

Alain Rousset et le “moi profond” du président François Hollande

“J’ai vu le Président de la République, dans son moi profond, son intime conviction, je n’ai pas l’impression qu’il ait envie que l’on remette en cause ce chantier”. Ces propos et bien d’autres, tenus par Alain Rousset sur Aqui.fr, ont fait tiquer les opposants à la LGV.

Dans cette même interview il explique pourquoi, à son avis, la ligne passant par le Pays Basque doit être LA priorité du gouvernement. “Il appartient à l’Etat de fixer les priorités. Et dans l’ordre des priorités, il suffit de regarder une carte de France : le Sud Ouest est le seul à ne pas disposer de structures de communications modernes”. Ce à quoi il ajoute que les camions, sans “logistique ferroviaire moderne” vont progressivement “envahir l’axe aquitain”.

Autant de points, réfutés d’un bloc par le CADE, qui donneront lieu à un colloque le 20 septembre prochain. En clair, les promoteurs du projet de LGV se réuniront à Gradignan deux jours avant la sortie publique du CADE.

 

www.lejpb.com

Publié dans 2x2 - A63 - LGV

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