JPB - Saint-Michel : les occupants ne partiront pas

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Saint-Michel : les occupants ne partiront pas


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23/08/2012

Pierre MAILHARIN

Le facteur de Donaixti (Saint-Just-Ibarre) ne sait plus où donner de la tête. Depuis quelques jours, sur la boîte aux lettres de l’ancien collège Saint-Michel, à l’entrée du village, il a droit à deux noms : Amaia Arbeletche et Kattin Chilibolost. Légalement, l’ex-établissement scolaire, fermé depuis trois ans, est pourtant la propriété d’une congrégation religieuse, Les Filles de la Croix.

Mais voilà. Lassé d’assister au délabrement inexorable de la structure cinquantenaire, “un groupe d’habitants du Pays Basque”, ainsi qu’il se définit, a décidé d’en prendre possession de force. Objectif : faire revivre l’enceinte sous forme de centre culturel pour Iholdi-Oztibarre et alerter l’opinion publique quant à la situation du logement à l’intérieur. C’était il y a un mois pile, mardi.

72 heures pour partir

Mardi, le tribunal de Bayonne, saisi en référé par l’avocat des sœurs, Me Delavallade, a rendu son délibéré : il demande l’évacuation des lieux sous 72 heures. La quinzaine d’occupants, formée depuis en association (Bethi Aintzina), a donc théoriquement jusqu’à vendredi pour s’exécuter.

Ce qu’elle n’a pas du tout l’intention de faire. Hier, lors d’une conférence de presse sur site, Amaia Arbeletche et Txomin Catalogne, deux des porte-parole du mouvement, ont annoncé vouloir “continuer le projet en cours” et ont “appelé tout le monde au soutien et à la résistance”.

Le coup médiatique déjà réussi, est-il bien nécessaire d’aller jusqu’à la confrontation ? “On va seulement ne pas sortir. Notre but est de ne pas abandonner le bâtiment. On sait que sinon, il va être refermé”, justifient-ils.

Les contestataires ne font pas confiance aux politiques locaux. Ils les accusent d’avoir fait “pression” sur les Filles de la Croix (voir la réaction de ces derniers ci-contre) et de promesses électorales non tenues. Jean-Louis Caset, conseiller général d’Iholdy, et Jean-Pierre Vigneau, maire de Saint-Just-Ibarre, sont particulièrement visés.

Contact avec les Filles de la Croix

Si ces élus ont assurément une fonction à jouer quant au devenir de l’ancien collège, le rôle moteur incombe au propriétaire. A l’encontre des Filles de la Croix, les deux porte-parole, entourés d’une trentaine de personnes – parmi lesquels des habitants du village satisfaits de voir le collège réinvesti et un élu donaixtiar, Peio Bacho* – ont eu des mots très durs : “Nous n’avons pas plus d’estime pour les Sœurs de la Croix que pour les deux élus. Nous mettons d’ailleurs leur vertu en doute.”

Avec les Filles de la Croix, les relations semblaient pourtant bien parties. Cela s’est gâté par la suite : “On était en négociation par téléphone. La dernière nouvelle qu’on a eue d’elles, c’est quand elles ont fait passer l’huissier”. Malgré tout, J. Arbeletche assure que personne ne leur en tient rigueur : “On a fait l’effort de se remettre en contact avec elles malgré la procédure judiciaire. Pour signer une convention à court terme, qui les décharge de leurs responsabilités et ne les engage pas à long terme.” Peut-être une porte de sortie au conflit.


*Une motion circule, déjà signée par 16 élus locaux dont D. Olçomendy et S. Bacho. Le mouvement a aussi le soutien de 21 organisations, dont AB, Batasuna, Bizi! ou LAB.

 

J.-L. Caset dément être intervenu, J.-P. Vigneau assume

Les occupants de l’ancien collège Saint-Michel ont accusé hier le conseiller général d’Iholdy, Jean-Louis Caset, et le maire de Saint-Just-Ibarre, Jean-Pierre Vigneau, d’avoir fait “pression” sur les Filles de la Croix pour qu’elles portent plainte. Contacté, M. Caset a démenti toute intervention de sa part : “Je n’ai pas fait pression auprès des religieuses, ils peuvent le vérifier auprès de la congrégation.”

Dans une lettre adressée aux sœurs en date du 31 juillet, que le JPB s’est procurée, M. Vigneau a, lui, clairement donné son avis. Il leur fait savoir que “la majorité des personnes […] sont connues pour leur engagement violent” et “qu’ils ont un comportement qui n’est pas exemplaire pour la jeunesse”.

Sollicité, l’édile donaixtiar assume : “M. Catalogne, il était à l’Arc de triomphe. On ne va pas leur donner le bon Dieu sans confession.” Il conteste aussi la légitimité de certains : “Ce n’est pas des gens de l’extérieur qui doivent commander Saint-Just-Ibarre. C’est comme si j’allais à Ostabat chez Arbeletche. Leur château fort, il est vide, ça devient en ruine. Ils feraient mieux d’aller là où on peut bâtir quelque chose.” Et de poser la dernière couche : “J’ai dit que ces jeunes avaient été mal élevés, mais ce n’est pas les jeunes, c’est leurs parents.”

www.lejpb.com

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