JPB - F. Espagnac empêchée de se rendre à Madrid à cause de son engagement dans le processus

Publié le par Abertzaleen Batasuna

F. Espagnac empêchée de se rendre à Madrid à cause de son engagement dans le processus

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16/02/2013

Alberto PRADILLA (à Madrid)

et Antton ROUGET (à Urrugne)

Les prises de position de Frédérique Espagnac en faveur du processus de paix au Pays Basque ne sont toujours pas passées à Madrid.

Alors que la sénatrice socialiste devait se rendre jeudi 14 février à Madrid, en tant que présidente du groupe d’amitié France-Espagne au Sénat dans le cadre du voyage du ministre chargé des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, les journalistes présents au Congrès l’ont attendue toute la journée. En vain. Frédérique Espagnac a purement et simplement annulé son voyage à Madrid.

Les autres membres de la délégation – Antoine Gobelet, conseiller aux affaires économiques et financières, le conseiller diplomatique Gautier Lekens, Jean-Michel Casa, directeur de l’Union européenne au ministère des Affaires étrangères, le député Arnaud Leroy ainsi que l’ambassadeur de France à Madrid, Jérôme Bonnafont, et son équipe – étaient, eux, bien présents au rendez-vous.

“Des pressions ont été exercées par le gouvernement espagnol pour que la sénatrice ne fasse pas partie du voyage” : c’est la raison de l’absence de Frédérique Espagnac évoquée par plusieurs députés à Madrid. Une information confirmée au Journal du Pays Basque par une source française proche du dossier.

Ce sont les déclarations de Frédérique Espagnac après l’arrestation d’Aurore Martin, la présence de la sénatrice à la conférence internationale d’Aiete le 17 octobre 2011 et à son remake un an plus tard, qui ont entraîné la colère de Madrid. Au point qu’un appel a été passé à Paris pour que la sénatrice annule sa visite.

Jointe par téléphone, Frédérique Espagnac n’a pas souhaité faire de commentaires sur son absence à Madrid.

Qui a mis la pression ?

Élysée, ministère des Affaires étrangères, de l’Intérieur, etc. : on ne sait pas exactement qui a été contacté à Paris pour dissuader la sénatrice de se rendre à Madrid. Ni pourquoi la requête espagnole a été acceptée.

“Nous savons que Frédérique Espagnac n’est pas là à cause des pressions qui ont été exercées.” Le député de la coalition Amaiur Jon Iñarritu a directement interpellé, jeudi, le ministre délégué chargé des Affaires européennes. Ce dernier a réfuté toute participation de son ministère. Le cabinet du ministre n’a pas été plus bavard vendredi : “En ce qui nous concerne, il n’y a eu aucune intervention.” François Hollande – que l’on sait proche de F. Espagnac – était en voyage en Inde. On ne sait pas s’il s’est impliqué dans le dossier.

“L’exemple du Pays Basque Nord”

Les pressions effectuées pour que la sénatrice ne se rende pas à Madrid font écho au refus de s’impliquer dans le processus de paix des responsables politiques espagnols – de droite comme de gauche. Souvent cité pour exemple par les acteurs du processus de paix, le rassemblement de l’ensemble des partis politiques en faveur de la résolution du conflit au Pays Basque Nord tranche avec le statu quo observé dans l’État espagnol.

“Question espagnole”

Au cours de sa visite à Madrid, Bernard Cazeneuve a aussi rappelé la position d’une partie du gouvernement français sur le conflit. Invité à s’impliquer dans le processus de paix par Jon Iñarritu, le ministre lui a répondu : “Il s’agit d’une question espagnole.” Et de conclure : “Personne ne comprendrait si un ministre espagnol en visite en France évoquait la situation en Corse.”

www.lejpb.com

Publié dans Berriak - Infos

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