JPB - Egunkaria : un lendemain aigre-doux

Publié le par Abertzaleen Batasuna

Egunkaria : un lendemain aigre-doux

14/04/2010

Goizeder TABERNA

 

egunkaria libre


Les cinq anciens responsables du quotidien en langue basque Euskaldunon Egunkaria ont exprimé leur satisfaction au lendemain de la sentence rendue publique lundi par l'Audience nationale espagnole. Cependant, l'heure n'était pas qu'aux réjouissances hier, car cette procédure qui a duré sept ans et qui s'est soldée par la fermeture du quotidien et une dizaine d'arrestations, n'aurait jamais dû faire partie de l'Histoire, selon eux.

Martxelo Otamendi, Xabier Oleaga, Iñaki Uria, Txema Auzmendi et Joan Mari Torrealdai étaient contents hier, non pas parce que «justice a été rendue» puisque «le mal a été fait, sans possibilité de retour». D'après eux, «dans le meilleur des cas, on a réussi à arrêter provisoirement la roue de l'injustice, ce qui pourrait être le début de la fin du cas Egunkaria».

Volet économique

Effectivement, en plus de l'appel que pourraient faire les plaignants, le volet économique du procès à l'encontre de certains de ces inculpés est arrivé en fin d'instruction. Dans ce dossier, l'association espagnole Dignidad y Justicia demande 26 années de prison et 33 millions d'euros d'indemnisation.

Les cinq anciens dirigeants d'Egunkaria ont tout de même des raisons de célébrer la sentence de lundi dernier. Bien que le résultat «était prévisible» au regard de «l'excellente défense» réalisée et de la demande de relaxe du procureur, selon Joan Mari Torrealdai, «on aurait pu s'attendre à n'importe quoi de la part de l'Audience Nationale».

Un arbitrage inédit au Pays Basque

Les cinq inculpés dans le procès Egunkaria ont qualifié de «très important» le contenu de la décision du tribunal espagnol. Bien que dans les jours à venir leurs avocats offriront une analyse plus approfondie, ils ont tout de même relevé les points les plus édifiants de la sentence. Le tribunal admet que la fermeture d'Egunkaria en 2003 n'avait pas lieu d'être puisqu'il s'agit d'un organe de presse et non d'une entreprise conventionnelle, et que son activité repose sur le droit fondamental qu'est la liberté d'expression. Or, la justice espagnole a fermé d'autres médias tels que le quotidien Egin, la radio Egin Irratia et la revue Ardi Beltza.

Par ailleurs, les juges considèrent que les personnes interpellées avaient été placées sous le régime de mise au secret entre les mains de la Guardia Civil sans contrôle judiciaire.

Un autre avis qui pourrait faire jurisprudence pour d'autres dossiers liés au conflit basque, c'est le fait que les juges affirment que l'accusation repose sur des idées «préconçues» et de «maigres spéculations» ; ils sont convaincus que les agents de la Guardia Civil entendus en tant qu'experts lors du procès n'avaient pas enquêté sur l'éventuel soutien du quotidien, à travers sa ligne éditoriale, à ETA, «ce qui rend l'accusation incompréhensible».

 

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20100414/193816/fr/Egunkaria--lendemain-aigre-doux

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